Mardi 14 avril 2009 2 14 /04 /2009 10:57

La parité en politique, comme dans notre société, est devenue une valeur, un dogme.

Entre nécessaire représentation des femmes en politique et extrémisme paritaire. Petit tour d’horizon.

Pour que l’analyse soit juste, il est primordial d’aborder la question de la parité sous l’angle du mode de scrutin.

 

En effet, ce dernier détermine dans la plupart des cas l’importance de la représentation féminine dans nos assemblées.

 

Pour ce qui est du scrutin uninominal, le constat est sans appel que cela soit à l’Assemblée Nationale ou au Conseil Général de la Moselle.

En effet, sur dix députés nationaux mosellans, seules trois sont des femmes, dont une arrivée au Palais Bourbon dans des circonstances très particulières. Au Conseil Général de la Moselle, sur 48 conseillers, seules 3 sont des conseillères.

Le scrutin proportionnel est quant à lui paritaire. Il impose le « chabadabada » et donc 50% des sièges à pourvoir aux femmes. Ce mode de scrutin s’applique aux élections municipales, régionales ou européennes. A noter cependant qu’il n’y a aucune femme maire d’une ville de plus de 10000 habitants en Moselle.

Marie-Jo Zimmermann, défenseur inconditionnel de la parité au niveau national, a fait de ce mode de scrutin son fer de lance.

 

Pourquoi alors ne pas abolir les « méchants » scrutins uninominaux.

 

Deux réponses à cela.

D’une part, la relation directe avec les électeurs. En effet, la visibilité de nos élus est bien souvent liée au mode de scrutin. Nos concitoyens reconnaissent leur maire, leur député et leur conseiller général. Pour les conseillers régionaux et les députés européens non titulaires d’un mandat local rien n’est moins sûr.

Ensuite, les combinaisons politiques. Le mode de scrutin proportionnel est par excellence celui des petits arrangements entre amis au sein d’un parti politique.

 

Preuve en est du mini-scandale de la Région Centre provoquée par le parachutage de la tête de liste socialiste pour les élections européennes.

 

Pour ce qui est des élections régionales, le problème est sensiblement le même. Prenons l’exemple des élections de 2004 pour la droite mosellane.

 

Sur 8 élus mosellans, 6 étaient messins ou de la proche banlieue messine. Sur les 4 femmes élues, seule Marie-Jo Zimmermann l’a été sur son nom. En effet, Catherine Jacquat était la candidate de son époux, Christine Raffin celle de Jean-Marie Rausch et Marie-Louise Kuntz celle de François Grosdidier.

 

Le manque de représentativité territoriale, les petits arrangements entre amis et les listes dissidentes (Griesbeck et Zimmermann) ralliées au dernier moment n’ont évidemment pas séduit les électeurs mosellans. Et on peut les comprendre.

 

L’opposition mosellane à Jean-Pierre Masseret a compté  trois groupes. L’opposition UMP (chut, faut’pas dire UMP !), l’opposition « Lorraine Avenir » de Marie-Jo Zimmermann, et l’udf de Thierry Jean et Roland Roth.

 

Les cartes ont été redistribuées récemment. Marie-Jo Zimmermann a démissionné, Thierry Jean, élu par des voix de droite, est devenu socialiste et Roland Roth a rejoint l’opposition « officielle ».

 

6 ans de mandats, trois groupes d’opposition, des ralliements, des trahisons et vous créez les conditions pour avoir une opposition inaudible depuis 2004 !

 

Il y a vraiment des leçons à tirer…

 

Petit tableau récapitulatif des femmes politiques mosellanes et de leurs mentors

 

Députées

 

Anne Grommerch : Jean-Marie Demange

Aurélie Filippetti : Christian Eckert

Marie-Jo Zimmermann : Jean-Louis Masson

Nathalie Griesbeck : Jean-Marie Rausch

 

Conseillères générales

 

Christiane Pallez : Pierre Bertinotti

 

Conseillères régionales

 

Catherine Jacquat : Denis Jacquat

Marie-Louise Kuntz : François Grosdidier

Christine Raffin : Jean-Marie Rausch

 

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Commentaires

A méditer...
Commentaire n°1 posté par dominOOO le 14/04/2009 à 11h22
C'est pa à Monsieur Hénart qui faut dire tout cla plutôt que sur un blog ?
Commentaire n°2 posté par FrankS le 14/04/2009 à 12h46
ya des noms que j'ai jamais entendu moi dans les élues que vous citez. C'est qui anne grommerch ?
Commentaire n°3 posté par Billoute le 14/04/2009 à 14h48

Anne Grommerch est devenue Députée de la 9ème circonscription de la Moselle (Thionville) suite au décès de Jean-Marie Demange. Elle est également Conseillère municipale de Roussy-le-Village.

Réponse de rue57 le 14/04/2009 à 14h52
juste deux commentaires en passant:

1) le principe du mentor s'applique aussi aux hommes en politique, ce n'est donc pas une grille d'analyse pour les problématiques de parité, selon moi

2) pour le cas que je connais plutôt bien (Fillipetti/Eckert), je vous assure que cela ferait beaucoup rire (jaune?) les deux protagonistes; je pense sincèrement que l'exemple est inadapté...ou alors il faut préciser le terme "mentor"
Commentaire n°4 posté par Erasme de Metz le 15/04/2009 à 11h27
Concernant Filippetti/Eckert, c'était une boutade. Nous pensions bien qu'elle serait relevée. L'arrivée de Mlle Filippetti en Moselle a été pour le moins tumultueuse. Concernant les mentors, il est bien évident que les hommes en ont également. Cela ne retire en rien la problématique posée par le système paritaire dans un mode de scrutin moins légitime démocratiquement que le scrutin uninominal. La solution (le rêve) serait que les partis investissent enfin des femmes (hors circonscriptions perdues d'avance) à ces élections. Ne vous inquiétez pas, le tour des hommes arrivera bien vite.
Commentaire n°5 posté par rue57 le 15/04/2009 à 11h36
le prob soulevé par Erasme est le même pour les hommes dans les scrutins proportionnels. La vraie question à se poser est quel élu peut aujourd'hui être le mentor d'un candidat. Et bien ce sont à 90% des hommes ! seules Mme zimmermann, mme griesbeck, mme filippetti peuvent "imposer" quelqun. pour les Hommes, la liste est bien plus longue'
Commentaire n°6 posté par domiOOO le 15/04/2009 à 11h52

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